î·25699· 1+1=3

Les Amants (René Magritte, 1928)

Nous y voilà (enfin ?). Le déconfinement (?).
Le retour à la vie « normale » (!?).

A compter du 11 mai 2020, se ré-instaure un quotidien binaire, rassurant (et incontestable), comme 1+1=2.
Le Monde et moi.
Ma vie et mon travail ou bien ma vie et l’absence d’emploi.
Ma banque et mon découvert.
Mon couple, avec mon conjoint ou avec ma solitude.
etc.

Les routes et les routines vont rugir à nouveau, continuant à calaminer notre environnement, notre corps, notre esprit, nos sens et notre joie de vivre.
Après avoir toussé, la machine folle se relance, de plus belle, en direction du mur que tout le monde voit déjà, comme le final d’un grand numéro de cirque, dramatique.
Le changement climatique et la catastrophe annoncée. 1+1=2

Pourtant, durant ces 8 semaines passées en confinement, nous aurons ressenti l’étrangeté et les déflagrations de l’urgence sanitaire, en triptyque 1+1=3 :
Le Monde, le coronavirus et moi.
Être civique, sauver des vies, en restant chez soi.
Une démocratie « en marche », ma liberté, mon attestation dérogatoire de déplacement.
Papa (télé)travaille, Maman travaille (à la maison), les enfants se chamaillent.
J’ai envie de toi, fais moi l’amour et un smartphone pour sextoy.
Toi, moi et la mort qui maintenant nous sépare. 1+1=3

Une fois la géante économie mondiale arrêtée par un virus, microscopique, l’inéluctable remboursement de la dette et la croissance à tout prix deviennent (presque) anecdotiques.

Une lucarne inattendue s’est ouverte dans nos consciences, par la force de la nature.

Certains n’y auront vu que des nuages se déplacer.
D’autres y auront perçu un autre monde possible :
Ce monde qui s’effondre, mon imaginaire et un autre monde désirable. 1+1=3

D’autres encore auront vécu des ruptures :
Ça suffit, je n’en peux plus, je pars (une fois déconfiné·e). 1+1=3

Par l’effet de ralentissement, d’autres enfin auront pu ressentir l’affection, ce sentiment lumineux, doux et solidaire, entre la raison et la passion, marqué par ce besoin irrépressible de donner de l’amour aux autres (oui, je sais c’est too much à lire et pourtant…).

À celles et ceux qui voudront, au-delà de la période de confinement, prolonger cette vision, ce vécu, ce ressenti et assouvir ce besoin de vivre en pleine conscience, ouverts à la transformation et au partage, il sera probablement rétorqué : Là, tu rêves ! Ou bien : Je pense que tu es « perdu ».

Ce à quoi je répondrai dès demain et chaque jour s’il le faut : l’imaginaire et le réel ne font qu’un pour la trinité, à condition de leur permettre de s’unir, par et avec le temps, par amour de la Vie, en croisée spirituelle et en double trait d’union pénétré de lumière et d’espérance ; en 3ème voie. 1+1=3