î·25106 J’ai choisi

Ce graffiti posé sur le bord de la Loire persiste dans ma mémoire. Il a arrêté ma marche alors que cela faisait bien 45 minutes que je déambulais d’un pas soutenu, le long des berges, poussé par le vent d’Est. La brise est fraîche mais parfaitement adoucie par le soleil levant.

L’inscription est peinte au pochoir sur le ciment, parfaitement lisible. On ressent presque la présence de son auteur·e. Plus encore, cette phrase sans complément d’objet et sans point me suspend.

J’ai choisi. J’ai choisi quoi ? Je joue alors avec l’artiste qui m’interpelle.

J’ai choisi quoi ? J’ai choisi d’être ? Oui, c’est cela, j’ai choisi d’être…
J’ai choisi d’être… persévérant ?
Une pensée me traverse. Je crois que l’artiste graphiste m’invite à être plus sincère.

Et bien, j’ai choisi d’être compositeur.

J’ai aussi choisi d’être bienveillant ; bienveillant envers autrui et moi-même.

J’ai choisi en même temps d’être exigeant, tout en reconnaissant que j’ai beaucoup de mal à atteindre le niveau d’exigence que mon mental m’assène. C’est pour cela que j’ai aussi choisi d’écouter et composer la musique du réel, celle qui passe d’abord par le corps.

J’ai choisi de partir en quête d’humilité et de modération, valeurs qui prolongent la limitation, l’ignorance et l’imparfait.

J’ai choisi la douceur, la douceur de vivre à conquérir, par le lâcher-prise.

J’ai choisi la beauté, celle que l’on révèle en changeant son regard.

J’ai choisi le Mystère, le Mystère de la Création qui nous échappe autant qu’il peut soudain nous saisir, au cours de la vie… le long de la Loire où ailleurs.

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